HYPNOSE CLINIQUE : Hypnose ericksonienne et hypnoanalyse
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« L’expérience
n’est pas ce qui arrive à l’homme, c’est ce que l’homme fait avec ce
qui lui arrive » Aldous Huxley
« On veut être trop quelqu’un. Il n’est pas de moi. Il n’est pas dix
moi. Il n’est pas de moi. Moi n’est qu’une position
d’équilibre » Henri Michaux |
Ce
texte ne visera pas à donner une théorie complète de l’hypnose, mais
plutôt à essayer de partager une expérience personnelle et celle vécue
avec des patients pour, à travers ces vécus, essayer de comprendre la
place de l’hypnose en psychothérapie: ce sera donc un exposé en partie
personnel, créatif et forcément incomplet.
Il est
important de distinguer d’une part un état de conscience appelé hypnose
(ou état hypnotique) et d’autre part une psychothérapie appelée
hypnose clinique.
L’état de conscience
hypnotique fait partie des états de la
conscience. On sait actuellement que nous existons, selon les moments, à
plusieurs niveaux de conscience. Pendant la journée, nous pouvons être
dans la conscience ordinaire où nous disons « moi-je »mais aussi à
d’autres niveaux de conscience : nous pouvons être absorbés dans un rêve
éveillé où la pensée, le mental sont mis entre parenthèses (c’est pour
cela que, sans le savoir, nous allons en vacances ou au cinéma : pour
échapper à un moi identifié seulement à la pensée, « nous changer les
idées ») ou être tellement absorbés par une tâche que nous en oublions le
monde extérieur.
Cette expérience
d’absorption est l’expérience la plus courante en hypnose : on peut dire
que c’est une expérience d’ « auto hypnose » qui vise à renforcer le moi ;
elle est très efficace en hypnose ericksonienne pour soulager les
souffrances névrotiques.
Dans ce sens, nous verrons
que l’expérience de l’hypnose est une réarticulation à la sensation d’être
soi même et une ouverture au monde et aux autres.
Dans la souffrance plus
profondément existentielle (l’impression de ne pas exister vraiment,
d’être vide, que la vie n’a pas de sens, d’incapacité à nouer des
relations authentiques ou d’aimer...), le patient a développé un faux moi
beaucoup plus important , avec lequel il essaie de se faire aimer, au
prix d’une dépense d’énergie considérable. Il est inefficace de renforcer
ce faux moi, il est d’abord nécessaire de laisser se développer un vrai
sens de soi, ce qui nécessitera éventuellement un travail de concentration
dans le corps dans l’état de conscience de l’hypnose, nous allons le voir
plus loin.
Nous pourrons alors
prendre conscience que nous sommes rarement au moment présent, ici et
maintenant, que nous manquons de présence : nous nous identifions
inconsciemment à nos scénarios mentaux et ce moi s’il est limité au
mental crée inconsciemment un monde que nous identifions à notre
création , mais comme le monde n’est pas comme cela, il sera souvent
insatisfaisant.
En psychothérapie,
l’hypnose clinique associe l’apprentissage d’un état hypnotique à un
travail thérapeutique selon deux modes possibles : le mode de l’hypnose
éricksonienne (ou nouvelle hypnose) et le mode hypno-analytique (ou
hypnopsychanalytique) en fonction du patient, de sa personnalité mais
aussi de ce qui se produit pendant la thérapie. Le thérapeute s’adaptera
donc au patient dans des thérapies souvent plus brèves où les
interventions seront fonction aussi du ressenti du thérapeute.
Nous utilisons essentiellement en
hypnose ericksonienne
(ou
nouvelle hypnose) des techniques communicationnelles qui visent à
renforcer l’ego du patient et à activer ses ressources inconscientes tout
en développant des expériences positives, en transe et dans la réalité
extérieure (apprentissages de nouveaux comportements).
Le thérapeute utilise des
histoires et des métaphores que le patient va recréer dans son psychisme
avec ses propres symboles, cette imagination créative lui permettant alors
de retrouver de la confiance, de la force et l’amenant à une meilleure
intégration des parties de lui-même qui étaient dissociées.
Dans la relation
thérapeutique, le patient apprendra aussi ce que peuvent être pour lui la
distance et la proximité, la séparation et la confiance, la dépendance et
l’autonomie. Il aura ainsi une possibilité de remplir certains manques
narcissiques.
L’apprentissage de l’« auto
hypnose » est très utile pour maintenir ces changements.
L’Hypnoanalyse utilise les dimensions de la
psychanalyse (notamment celles de Groddeck, Ferenczi, Jung, de la
daseinsanalyse avec Binswanger et de l’école anglo-américaine avec
Winnicott, Klein, Sullivan, Kohut, Bion....) ET de l’hypnose clinique avec
éventuellement un travail psychocorporel dérivé de l’analyse
bioénergétique (Lowen).
Indications psychothérapeutiques de l’hypnose
clinique :
- stress, travail sur l’affirmation de soi, phobies, anxiété, angoisses,
dépression, crises de panique, troubles du sommeil, troubles sexuels et de
la relation de couple, anorexie, boulimie, dépendances (au tabac ,à
l’alcool, alimentaires)...
- spasmes du colon ou de la vessie, troubles cardiaques liés au stress,
prévention de la prématurité et préparation à l’accouchement, migraines ,
certaines dermatoses, traitement de la douleur, ulcère digestif, asthme ,
contractures musculaires...
Le choix d’une thérapie
ericksonienne (nouvelle hypnose) n’est pas indiqué chez tous les patients
car il nécessite :
-
une structure de personnalité stable (contre
indiqué dans les problématiques narcissiques et dans les psychoses) ;
-
absence de troubles névrotiques trop massifs ;
-
un moi suffisamment fort et mature ;
-
une relation thérapeutique stable et mature (un
thérapeute mature ayant conscience de ses limites ).
Le choix d’une thérapie
hypnoanalytique sera préféré dans ces contre-indications.
(L’hypnoanalyste peut aussi
travailler en hypnose ericksonienne s’il en a la formation : il s’adaptera
au patient et sera capable de comprendre ce qui lui convient le mieux, à
certains moments Erickson, à d’autres moments l’ hypnoanalyse).
En fonction du patient et du
trouble, la durée de la thérapie variera de quelques séances à plusieurs
années (un « thérapeute » qui promet des miracles est à fuir).
Pour un psychothérapeute
ayant une formation et un vécu à la fois en hypnose clinique et en
psychanalyse, l’hypnose clinique est un concept et une technique
thérapeutique bien décrits en hypnose ericksonienne.
Mais c’est également et surtout, pour nous,
une relation,
où celui qui est désigné comme le thérapeute a développé, par un très long
travail sur lui même et ses propres souffrances, une qualité de présence,
d’écoute, qui lui permet d’intervenir d’une manière non intellectuelle et
empathique, dans la relation thérapeutique : en pouvant ressentir la
souffrance de celui qui est désigné comme le patient; cette qualité de
présence crée très rapidement la sensation d’être compris et relié; ce
que le patient souvent ne trouve pas dans la vie sociale ordinaire, où
chacun projette sa propre vue du monde et ne l’écoute pas vraiment.
Comme le disait Jung « la
personnalité du thérapeute est le grand facteur curatif de la
psychothérapie ». En ceci, l’hypnoanalyste se différencie du thérapeute
formé seulement en nouvelle hypnose, qui trouve qu’un travail sur soi
n’est pas nécessaire (avec le danger alors pour ce thérapeute de baser
ses interventions sur son propre système projectif inconscient ) mais
aussi d’un psychanalyste « neutre » où la thérapie aboutit souvent à une
compréhension intellectuelle sans guérison du symptôme.
En hypnoanalyse le
thérapeute peut selon les moments être actif ou respecter le besoin de
silence dans la relation.
Au delà de sa formation en hypnose
ericksonienne et (ou) en psychanalyse, le thérapeute ne sera cependant
vraiment présent que s’il a fait personnellement un travail approfondi
d’émergence d’une
conscience corporelle,
car c’est le VECU, le ressenti, la réarticulation des affects au corps qui
nous guérit, ce qu’a fait le Dr Erickson (nous allons voir plus loin que
cette possibilité de réarticulation est l’essence de l’apport de
l’hypnose en psychothérapie).
Cela démarque ainsi, l’hypnoanalyse
de la psychanalyse, dont les échecs sont dus, souvent, à une compréhension
seulement intellectuelle du patient, comme elle n’utilise que le langage
dans la conscience ordinaire.
Comme le dit Bateson, « le
mot chat ne dit pas miaou » : une parole non reliée aux émotions et à
l’expérience vécue est une parole morte.
Bon nombre de praticiens
sont fascinés par la créativité débordante qui était présente dans
l’œuvre du Dr Milton Erickson, qui est à la base de l’hypnose
moderne.
Cependant personne n’a pu
expliquer comment Erickson pouvait avoir développé une telle efficacité
thérapeutique.
Erickson est né dans une
famille de fermiers, au contact de la terre, avec des liens familiaux
très présents..
Cependant, Erickson s’est retrouvé partiellement paralysé à l’adolescence
suite à deux attaques de poliomyélite et comme il l’explique, il a dû
faire pendant plusieurs années un travail journalier intensif de
méditation-hypnose pour pouvoir retrouver des sensations et remettre son
corps en mouvement (il a continué ce travail toute sa vie).
Aucune des publications sur Erickson n’insiste là dessus, alors que c’est
justement là, à mon avis, l’explication de son extraordinaire talent
thérapeutique.
En effet ,après notre
travail psychanalytique, nous avons vécu, expérimenté, que la biodynamique
(W.Reich), mais aussi la pratique intensive de la méditation assise (Zen),
du yoga, du Tai-chi, de l’articulation de la voix et le corps (Dürckheim),
réinscrivent une conscience dans le corps entraînant un changement de
centre dans l’être, le centre de soi est ressenti dans le bas du corps :
le ventre (on dit d’ailleurs « en avoir dans le ventre »), ce que Dürkheim
et Lowen (en bioénergie), appellent, après le Zen, le Hara mais aussi la
sensation d’être enracinés dans le sol (être les pieds sur terre) .
L’énergie réapparaît,
habite le corps, les émotions sont plus douces et ne nous emportent plus
car elles ne sont plus dissociées dans le mental, le diaphragme n’est
plus bloqué, cela respire, le corps est redevenu un, on n’a plus besoin de
tout le temps faire quelque chose pour se sentir exister, il apparaît une
sécurité et une paix intérieures.
Le thérapeute développe
alors une beaucoup plus grande présence dans la relation thérapeutique,
avec plus d ‘empathie, de simplicité et de créativité, ce qui étaient les
qualités humaines d’Erickson mais aussi il devient capable de voir dans le
corps du patient les zones contracturées (car il a dépassé ses
propres contractures) et de l’aider à en prendre conscience, ce qui est
selon nous l’explication des interventions très subtiles et
« miraculeuses » d’Erickson en thérapie.
J’ai appliqué ces techniques
de la bioénergie et ce travail de la présence à un travail en hypnose
clinique, avec beaucoup de succès.
L’expérience en hypnose
d’être présent dans le corps est très paradoxale et surprenante
pour les patients car ils n’avaient pas conscience qu’ils n’étaient que
dans le mental, coupés de la simplicité d’être seulement assis au présent.
D ‘après nous cela explique aussi l’efficacité et la créativité des
paradoxes thérapeutiques chez Erickson : par exemple de demander à
quelqu’un qui veut arrêter de fumer de ne faire que fumer devant son
cendrier (s’il veut quand même fumer) fera qu’il diminuera de 50% le
nombre de cigarettes fumées (la majorité est fumée automatiquement, sans
conscience de fumer, sans être là).
Ce travail aboutit ainsi à
la prise de conscience que, inconsciemment, nous avions créé un
monde identifié à nos créations mentales ce qui le rendait
insatisfaisant, mais que si nous changeons, le monde change (par exemple
nous nous plaignons que personne ne fait attention à nous sans être
conscients que c’est justement notre attente, notre moi rigide qui
éloigne les autres).
Pour employer une métaphore,
le corps est comme une maison qui, croyons-nous, nous appartient (« j’AI
un corps »), mais où, en général, nous n’habitons, sans le savoir, que la
tête, comme un grenier construit sur du vide (ou comme un arbre qui
n’existerait que dans la cime qui ne saurait pas qu’il a un tronc et des
racines : bien sûr alors cet arbre devra toujours s’appuyer sur quelque
chose, sera dépendant de l’extérieur).
Dans l’état hypnotique de
concentration, nous SOMMES (le soi) le corps entier et nous pouvons alors
l’habiter. Alors seulement apparaît, un sentiment–sensation d’être soi :
nous pouvons progressivement habiter toute la maison, le mental peut
descendre dans le corps, ne plus en être séparé. Nous pourrons aussi avoir
de nouveau accès à des parties de la maison que nous ignorions, de
nouvelles ressources (nous ne savions pas que la maison était grande): le
haut, la pensée est alors reliée a la cave, aux fondations, on a les pieds
sur terre, on est bien dans sa peau, on n’a plus besoin d’en faire trop
pour se sentir vivant, on est moins dépendant de l’extérieur, la pensée
redevient vivante et créative.
On pourra aussi commencer à
devenir conscient que dans l’agitation mentale il y a des émotions que
nous n’acceptions pas : en les acceptant, en les vivant dans le corps,
elles vont enrichir la personnalité.
Nous allons pouvoir
commencer à accepter que la vie est faite de moments heureux et
douloureux. La vie n’est pas tout blanc ou tout noir (le mental n’accepte
pas le changement, il veut que la vie soit une continuité mais en
réalité elle est faite de moments ) : la vie est colorée souvent
exagérément par la pensée : on peut voir une bouteille à moitié vide mais
on peut aussi la voir à moitié pleine, ce qui est certain c’est que de la
vouloir toujours pleine crée une insatisfaction permanente.
Le vrai self, dit le
psychanalyste et pédiatre Winnicott, « provient des tissus corporels et du
libre jeu des fonctions du corps, y compris de la respiration, cet
élément de nous ne communique pas avec le monde, il est silencieux ».
C’est un sentiment
d’appartenance, d’interdépendance, que l’on peut retrouver quand il y a un
amour profond entre deux êtres ou parfois dans la nature ou en méditation.
Comment tenter
d’expliquer ce qui se passe en nous dans l’expérience de l’hypnose ?
La psychanalyste Alice
Miller dit : « La difficulté d’affirmer ses sentiments dans l’enfance
aboutit à figer le lien avec les parents et à lui donner une permanence
qui empêche toute délimitation (du soi) car les parents ont trouvé, dans
le faux soi de l’enfant, la confirmation souhaitée, un substitut de la
sécurité qui leur a fait défaut ; et de son côté, l’enfant qui n’a pu
construire un sentiment de sécurité propre, plus tard dans la vie adulte,
sera inconscient de cette dépendance aux parents. Il ne peut se fier à ses
sentiments, n’en a aucune expérience, il ne connaît pas ses vrais besoins;
il est au plus haut degré étranger à lui-même. Il devient à l’âge adulte
tributaire de personnes qui vont le représenter, comme le ou la
partenaire. Succédera alors à notre solitude dans la maison paternelle un
ISOLEMENT INTERIEUR. »
Ce besoin de garder
exagérément une image de soi est appelée « faux self » par Winnicott (et
« persona » par Jung) : il explique que, lorsqu’un enfant se heurte à un
parent narcissique qui n’est pas disponible, qui ne l’aime pas pour lui,
l’enfant, pour exister et être aimé va devoir remplir les désirs des
parents, s’occuper d’eux. Il va créer inconsciemment un moi qui sera
l’enfant qu’auraient voulu ses parents, un faux moi, rigide, trop cohérent
qui sera DISSOCIE, à la fois, de la conscience corporelle et de ses
sentiments réels.
Ce faux moi sera associé à
une carapace corporelle qui lui permettra de ne pas trop souffrir
A l’âge adulte il
fonctionnera selon deux modèles possibles : soit une sensation de vide
existentiel soit un besoin exagéré d’en faire trop car il n’aura
l’impression d’exister que dans le regard des autres. Il gardera
inconsciemment la nostalgie d’une relation idéale qu’il n’a pas eue avec
ses parents tout en vivant derrière une carapace inconsciente ( bien
décrite par W. Reich) qui le protègera mais en même temps l’isolera,
l’empêchera de recevoir la chaleur de l’amitié et de l’amour.
La
thérapie en hypnose est si efficace car en favorisant l’Etre plus que le
savoir, à travers le VECU d’une conscience corporelle et d’une
relation aux autres et au monde qui ne passe pas seulement par un moi
pensant, elle recrée cette relation qui nous a parfois tellement manqué
enfants et, ainsi nous cicatrisant profondément nous permet de ne plus
avoir besoin de nos cuirasses corporelles.
La confiance en SOI
n’apparaît qu’à ce moment, quand on lâche prise, qu’on abandonne le besoin
de contrôler (le contraire de ce que l’on nous a toujours appris).
L’hypnose a donc fondamentalement à voir avec remplacer notre besoin
d’avoir une image de nous-mêmes, par l’ expérience vécue, qu’en
lâchant prise, un sentiment de soi stable et authentique apparaît dans ce
non-contrôle.
Cela
explique aussi pourquoi les thérapies sont parfois si courtes en hypnose
ericksonienne : si le soi est assez sain, il faut souvent peu de temps en
thérapie pour que nous nous réarticulions (pas nécessaire de remonter à
l’enfance) et cela quelle que soit la gravité apparente du symptôme.
Comme nous voyons le monde
avec ce moi plus ou moins faux, cela implique que chacun de nous voit un
monde différent qui sera toujours un monde restreint, des relations
où nous répétons en partie des attachements infantiles.
« Moi
je »
est donc une texture rapiécée provenant de
trous dans nos
expériences
émotionnelles
AVEC un
corps en miroir
où des
zones entières ne sont pas habitées par la
conscience,
sont contractées), la conscience habituelle est donc une conscience
restreinte, elle n’est pas l’entièreté de nous.
Ces zones corporelles sont
absentes à moi-je, non reliées entre elles, dissociées, ET, (et c’est là
l’autre découverte de l’hypnose), accessibles seulement dans un autre
état de conscience : quand elles redeviennent conscientes, les
sentiments, les émotions enfouis réapparaissent progressivement, se
réarticulent à ce corps neuf.
L’état
de conscience hypnotique va aussi re-créer en nous un monde potentiel (la
conscience hypnotique n’est pas vide, mais il n’y a pas de pensée, c’est
une conscience de potentialités un peu comme celle d’un enfant).
Il
apparaîtra aussi dans cet état une relation inconsciente au thérapeute qui
est pour nous cette présence invisible à toute relation (toute relation
est une inter-relation), au-delà de l’identité sociale (la « persona » de
Jung), du moi-je (le moi d’une part nous permet d’être en relation mais
d’autre part nous isole, s’il prend trop de place).
La relation hypnotique crée
directement cette sensation d’être reliés au monde différemment ET
en même temps nous met en présence d’une partie de nous silencieuse dans
le corps : nous sommes là, présents, sans plus devoir faire d’efforts
pour nous sentir exister (tous les patients disent que leur vécu est très
différent dans la relation en hypnose en consultation par rapport à
l’autohypnose qu’ils font seuls).
Cette expérience n’est
généralement pas consciente en hypnose, on a un vague sentiment que
quelque chose a changé, nous sommes souvent bouleversés mais nous n’avons
pas de mots pour l’expliquer.
La
relation
en hypnose clinique
à la fois avec soi-corps et
avec un thérapeute
véritablement humain
recrée,
dans notre expérience, un lien proche du lien qui nous a à tous plus ou
moins manqué : celui avec une mère bonne et suffisamment présente dans
la relation. .
Se reconstituent alors,
grâce à ce lien, à la fois, un soi ET un moi, sains, en RELATION
l’un avec l’autre, s’équilibrant l’un l’autre, nous pouvons devenir pour
nous-mêmes une bonne mère, renoncer à la rechercher à l’extérieur, ne
plus être dépendants.
L’hypnose n’est donc pas
pour nous seulement une « auto hypnose » qui aboutirait alors à la
clôture d’un idéal individualiste, idéal qui serait Narcisse (rejoignant
alors inconsciemment Freud), mais bien vivre l’expérience qu’on n’est
vraiment en sécurité que quand nous réalisons que nous existons tous en
interdépendance, pas dans un moi isolé.
Bibliographie :
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du drame de l’enfant doué (Puf)
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FRANÇOIS ROUSTANG,
Qu’est- ce que l’hypnose ? (Ed. de Minuit)
JAY HALEY, Un thérapeute
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DR IKEMI ET D. DESHIMARU,
Zen et self Control (Albin Michel )
MARK EPSTEIN, Pensées
sans penseur (Calmann-Lévy)
BATESON : Premier état
d’un héritage (Seuil)
ALEXANDER LOWEN, La
dépression nerveuse et le corps (Tchou)
GEORG GRODDECK (revue
l’Arc n°78)
K.G.DÜRCKHEIM, Exercices
initiatiques dans la psychothérapie (Le courrier du livre)
MIKKEL BORCH-JACOBSEN, Le
lien affectif (Aubier)
LEON CHERTOK L.BORCH
–JACOBSEN, Hypnose et psychanalyse (Dunod)
LEON
CHERTOK, L’énigme de la relation au cœur de la médecine (Coll. Les
empêcheurs de penser en rond).
D.W.WINNICOTT, Jeu et
réalité (Folio essais)
D.W.WINNICOTT, Processus
de maturation chez l’enfant (Payot)
PAUL WATZLAWICK, Le
langage du changement (Points)
PAUL WATZLAWICK,
L’invention de la réalité (Seuil)
C.G . JUNG, Dialectique
du moi et de l’inconscient (Folio essais)
W.GROSCH ET D.OLSEN,
Souffrir à force d’aider (Satas). |