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Hypnose Clinique

Jean Schmitt

 


HYPNOSE CLINIQUE : Hypnose ericksonienne et hypnoanalyse

« L’expérience n’est pas ce qui arrive à l’homme, c’est ce que l’homme fait avec ce qui lui arrive » Aldous Huxley

« On veut être trop quelqu’un. Il n’est pas de moi. Il n’est pas dix moi. Il n’est pas de moi. Moi n’est qu’un
e position d’équilibre » Henri Michaux

Ce texte ne visera pas à donner une théorie complète de l’hypnose, mais plutôt à essayer de partager une expérience  personnelle et celle vécue avec des patients pour,  à travers ces vécus,  essayer de comprendre la place de l’hypnose en psychothérapie: ce sera donc un exposé en partie personnel,  créatif et forcément  incomplet.

 

Il est important de distinguer d’une part un état de conscience appelé hypnose (ou état hypnotique)  et d’autre part une psychothérapie  appelée hypnose clinique.

 

L’état de conscience  hypnotique  fait partie des états de la conscience. On sait actuellement que nous existons, selon les moments, à plusieurs niveaux de conscience. Pendant la journée, nous pouvons être dans  la conscience ordinaire où nous disons « moi-je »mais aussi à d’autres niveaux de conscience : nous pouvons être absorbés  dans un rêve éveillé où la pensée, le mental sont mis entre parenthèses (c’est pour cela que, sans le savoir, nous allons en vacances ou au cinéma : pour échapper à un moi identifié seulement à la pensée, «  nous changer les idées ») ou être tellement absorbés par une tâche que nous en oublions le monde extérieur.

Cette expérience d’absorption est l’expérience la plus courante en hypnose : on peut dire que c’est une expérience d’ « auto hypnose » qui vise à renforcer le moi ; elle est très efficace en hypnose ericksonienne pour soulager les souffrances névrotiques.

 

 

Dans ce sens, nous verrons que l’expérience de l’hypnose est une réarticulation à la sensation d’être soi même et une ouverture au monde et aux autres.

 

Dans la souffrance plus profondément existentielle (l’impression de ne pas exister vraiment, d’être vide, que la vie n’a pas de sens, d’incapacité à nouer des relations authentiques ou d’aimer...), le patient a développé un faux moi beaucoup plus important ,  avec lequel il essaie de se faire aimer, au prix d’une dépense d’énergie considérable. Il est inefficace de renforcer ce faux moi, il est d’abord nécessaire de laisser se développer un vrai sens de soi, ce qui nécessitera éventuellement un travail de concentration dans le corps dans l’état de conscience de l’hypnose,  nous allons le voir plus loin.

 

Nous  pourrons alors  prendre conscience que nous sommes  rarement au moment présent, ici et maintenant, que nous manquons de présence : nous nous identifions inconsciemment  à nos scénarios mentaux et ce  moi s’il est limité au mental  crée inconsciemment  un monde que nous identifions à notre création , mais comme le monde n’est  pas comme cela, il sera souvent insatisfaisant.

 

En psychothérapie, l’hypnose clinique associe l’apprentissage d’un état hypnotique à un travail thérapeutique selon deux modes possibles : le mode de l’hypnose éricksonienne (ou nouvelle hypnose) et le mode hypno-analytique (ou hypnopsychanalytique) en fonction du patient, de sa personnalité mais aussi  de ce qui se produit pendant la thérapie. Le thérapeute s’adaptera donc au patient dans des thérapies souvent plus brèves où les interventions seront fonction aussi du ressenti du thérapeute.

 

Nous utilisons essentiellement en hypnose ericksonienne (ou nouvelle hypnose) des techniques communicationnelles qui visent à renforcer l’ego du patient et à activer ses ressources inconscientes tout en développant des expériences positives, en transe et dans la réalité extérieure (apprentissages de nouveaux comportements).

Le thérapeute utilise des histoires et des métaphores que le patient va recréer dans son psychisme avec ses propres symboles, cette imagination créative lui permettant alors de retrouver de la confiance, de la force et l’amenant à une meilleure intégration des parties de lui-même qui étaient dissociées.

Dans la relation thérapeutique, le patient apprendra aussi ce que peuvent être pour lui la distance et la proximité, la séparation et la confiance, la dépendance et l’autonomie. Il  aura ainsi une possibilité de remplir certains manques narcissiques.

L’apprentissage de l’« auto hypnose » est très utile pour maintenir ces changements.

 

L’Hypnoanalyse utilise les dimensions de la psychanalyse (notamment celles de Groddeck,  Ferenczi,  Jung, de la daseinsanalyse avec  Binswanger et de l’école anglo-américaine avec Winnicott, Klein, Sullivan, Kohut, Bion....) ET de l’hypnose clinique avec éventuellement un travail psychocorporel  dérivé de l’analyse bioénergétique (Lowen).

 

Indications psychothérapeutiques de l’hypnose clinique :

 

  • stress, travail sur l’affirmation de soi, phobies, anxiété, angoisses, dépression, crises de panique, troubles du sommeil, troubles sexuels et de la relation de couple, anorexie, boulimie, dépendances (au tabac ,à l’alcool, alimentaires)...
  • spasmes du colon ou de la vessie, troubles cardiaques liés au stress, prévention de la prématurité et préparation à l’accouchement,  migraines , certaines dermatoses, traitement de la douleur, ulcère digestif, asthme , contractures musculaires...

 

Le choix d’une thérapie ericksonienne (nouvelle hypnose) n’est pas indiqué chez tous les patients car il nécessite :

 

  • une structure de personnalité stable (contre indiqué dans les problématiques narcissiques  et dans les psychoses) ;
  • absence de troubles névrotiques trop massifs ;
  • un moi suffisamment fort et mature ;
  • une relation thérapeutique stable et mature (un  thérapeute  mature ayant conscience de ses limites ).

 

Le choix d’une thérapie hypnoanalytique sera préféré dans ces contre-indications.

 

(L’hypnoanalyste peut aussi travailler en hypnose ericksonienne s’il en a la formation : il s’adaptera au patient et sera capable de comprendre ce qui lui convient le mieux, à certains moments Erickson, à d’autres moments l’ hypnoanalyse). 

 

En fonction du patient et du trouble, la durée de la thérapie variera de quelques séances à plusieurs années (un « thérapeute » qui promet des miracles est à fuir).

 

Pour un psychothérapeute ayant une formation et un  vécu à la fois  en hypnose clinique et en psychanalyse, l’hypnose clinique est un concept et une technique thérapeutique bien décrits en hypnose ericksonienne.

Mais c’est également et surtout, pour nous, une relation, où celui qui est désigné comme le thérapeute a développé, par un très long travail sur lui même et ses propres souffrances, une qualité de présence, d’écoute, qui lui permet d’intervenir d’une manière non intellectuelle et empathique, dans la relation thérapeutique : en pouvant ressentir la souffrance de celui qui est désigné comme le patient; cette qualité de présence crée très rapidement  la sensation d’être compris et relié; ce que le patient souvent ne trouve pas dans la vie sociale ordinaire, où chacun projette sa propre vue du monde et ne l’écoute pas vraiment.

 

Comme le disait Jung « la personnalité du thérapeute est le grand facteur curatif de la psychothérapie ». En ceci, l’hypnoanalyste se différencie du thérapeute formé seulement en nouvelle hypnose, qui trouve qu’un travail sur soi n’est pas nécessaire  (avec le danger alors pour ce thérapeute de baser ses interventions sur son propre système projectif inconscient ) mais aussi d’un psychanalyste « neutre » où la thérapie aboutit souvent à une compréhension intellectuelle sans guérison  du symptôme.

En hypnoanalyse le thérapeute peut selon les moments être actif  ou respecter le besoin de silence dans la relation.

Au delà de sa formation en hypnose ericksonienne et (ou) en psychanalyse, le thérapeute ne sera cependant vraiment présent que s’il a fait personnellement un travail approfondi d’émergence d’une conscience corporelle, car c’est le VECU, le ressenti, la réarticulation des affects au corps qui nous guérit, ce qu’a fait le Dr Erickson (nous allons voir plus loin que cette possibilité de réarticulation est l’essence de  l’apport de l’hypnose en psychothérapie).

 

 Cela démarque ainsi, l’hypnoanalyse de la psychanalyse, dont les échecs sont dus, souvent, à une compréhension seulement intellectuelle du patient, comme elle n’utilise que le langage dans la conscience ordinaire.

 

Comme le dit Bateson,  « le mot chat ne dit pas miaou » : une parole non reliée aux émotions et à l’expérience vécue est une parole morte.

 

Bon nombre de praticiens sont fascinés par la créativité débordante qui était présente dans  l’œuvre du Dr Milton Erickson, qui est à la base de l’hypnose moderne.

Cependant personne n’a pu expliquer comment Erickson pouvait avoir développé une telle efficacité thérapeutique.

 

Erickson est né dans une famille de fermiers, au contact de la terre, avec des liens familiaux

très présents..

Cependant,  Erickson s’est retrouvé partiellement paralysé à l’adolescence suite à deux attaques de poliomyélite et comme il l’explique, il a dû faire pendant plusieurs  années un travail journalier intensif de méditation-hypnose pour pouvoir retrouver des sensations et remettre son corps en mouvement (il a continué ce travail toute sa vie).

Aucune des publications sur Erickson n’insiste là dessus, alors que c’est justement là, à mon avis, l’explication de son extraordinaire talent thérapeutique.

 

En effet ,après notre travail psychanalytique, nous avons vécu, expérimenté, que la biodynamique (W.Reich), mais aussi la pratique intensive de la méditation assise (Zen), du yoga, du Tai-chi, de l’articulation de la voix et le corps (Dürckheim),  réinscrivent une conscience dans le corps entraînant un changement de centre dans l’être, le centre de soi est ressenti  dans le bas du corps : le ventre (on dit d’ailleurs « en avoir dans le ventre »), ce que Dürkheim et Lowen (en bioénergie), appellent, après le Zen, le Hara  mais aussi la sensation d’être enracinés dans le sol (être les pieds sur terre) .

L’énergie  réapparaît, habite le corps, les émotions sont plus douces et ne nous emportent plus car elles ne sont plus dissociées dans le mental,  le diaphragme n’est plus bloqué, cela respire, le corps est redevenu un, on n’a plus besoin de tout le temps faire quelque chose pour  se sentir exister, il apparaît une sécurité et une paix intérieures.

 

Le thérapeute développe alors une beaucoup plus grande présence dans la relation thérapeutique, avec plus d ‘empathie, de simplicité et de créativité, ce qui étaient les qualités humaines d’Erickson mais aussi il devient capable de voir dans le corps du patient les zones contracturées (car il a dépassé ses propres contractures) et de l’aider à en prendre conscience, ce qui est selon nous l’explication des interventions très subtiles et « miraculeuses » d’Erickson en thérapie.

 

J’ai appliqué ces techniques de la bioénergie et ce travail de la présence à un travail en hypnose clinique, avec  beaucoup de succès.

 

L’expérience en hypnose  d’être présent dans le corps  est très paradoxale et surprenante pour les patients car ils n’avaient pas conscience qu’ils n’étaient que dans le mental, coupés de la simplicité d’être seulement assis au présent.

D ‘après nous cela explique aussi l’efficacité  et la créativité des paradoxes thérapeutiques  chez Erickson : par exemple de demander à quelqu’un qui veut arrêter de fumer de ne faire que fumer devant son cendrier (s’il veut quand même fumer) fera qu’il diminuera de 50% le nombre de cigarettes fumées (la majorité est fumée automatiquement, sans conscience de fumer, sans être là).

 

Ce travail aboutit ainsi à la prise de conscience que, inconsciemment, nous avions créé un monde identifié à nos créations mentales ce qui le rendait insatisfaisant, mais  que si nous changeons, le monde change (par exemple nous nous plaignons que personne ne fait attention à nous sans être conscients  que c’est justement notre attente, notre moi rigide qui éloigne les autres).

 

Pour employer une métaphore, le corps est comme une maison qui, croyons-nous, nous appartient (« j’AI un corps »), mais où, en général, nous n’habitons, sans le savoir,  que la tête, comme un grenier  construit sur du vide (ou comme un arbre qui n’existerait que dans la cime qui ne saurait pas qu’il a un tronc et des racines : bien sûr alors cet arbre devra toujours s’appuyer sur quelque chose, sera dépendant de l’extérieur).

 Dans l’état hypnotique de concentration, nous SOMMES (le soi) le corps entier et nous pouvons alors l’habiter. Alors seulement apparaît, un sentiment–sensation d’être soi : nous pouvons progressivement habiter toute la maison, le mental peut descendre dans le corps, ne plus en être séparé. Nous pourrons aussi avoir de nouveau accès à des parties de la maison que nous ignorions, de nouvelles ressources (nous ne savions pas que la maison était grande): le haut, la pensée est alors reliée a la cave, aux fondations, on a les pieds sur terre, on est bien dans sa peau, on n’a plus besoin d’en faire trop pour se sentir vivant, on est moins dépendant de l’extérieur, la pensée redevient vivante et créative.

On pourra aussi  commencer à devenir conscient que dans  l’agitation mentale il y a des émotions que nous n’acceptions pas : en les acceptant, en les vivant dans le corps, elles vont enrichir la personnalité.

Nous allons  pouvoir commencer à accepter que la vie est faite de moments heureux et douloureux. La  vie n’est pas tout blanc ou tout noir (le mental n’accepte pas le changement, il veut  que la vie soit  une continuité mais en réalité elle est faite de moments ) : la vie est  colorée souvent exagérément par la pensée : on peut voir une bouteille à moitié vide mais on peut aussi la voir à moitié pleine, ce qui est certain c’est que de la vouloir toujours pleine crée une insatisfaction permanente.  

 

Le vrai self, dit le psychanalyste et pédiatre Winnicott, « provient des tissus corporels et du libre jeu des fonctions  du corps, y compris de la respiration, cet élément de nous ne communique pas avec le monde, il est silencieux ».

C’est  un sentiment d’appartenance, d’interdépendance, que l’on peut retrouver quand il y a un amour profond entre deux êtres ou parfois dans la nature ou en méditation.

 

 

 

Comment tenter d’expliquer ce qui se passe en nous dans l’expérience de l’hypnose ?

 

La psychanalyste Alice Miller dit : « La difficulté d’affirmer ses sentiments dans l’enfance aboutit à figer le lien avec les parents et à lui donner une permanence qui empêche toute délimitation (du soi) car les parents ont trouvé, dans le faux soi de l’enfant, la confirmation souhaitée, un substitut de la sécurité qui leur a fait défaut ; et de son côté, l’enfant qui n’a pu construire un sentiment de sécurité propre, plus tard dans la vie adulte, sera inconscient de cette dépendance aux parents. Il ne peut se fier à ses sentiments, n’en a aucune expérience, il ne connaît pas ses vrais besoins; il est au plus haut degré étranger à lui-même. Il devient à l’âge adulte tributaire de personnes qui vont le représenter, comme le ou la partenaire. Succédera alors à notre solitude dans la maison paternelle un ISOLEMENT INTERIEUR. »

 

Ce besoin de garder  exagérément une image de soi est appelée «  faux self » par Winnicott (et « persona » par Jung) : il explique que, lorsqu’un enfant se heurte à un parent narcissique qui n’est pas disponible, qui ne l’aime pas pour lui, l’enfant, pour exister et être aimé va devoir remplir les désirs des  parents, s’occuper d’eux. Il va créer inconsciemment  un moi qui  sera l’enfant qu’auraient voulu ses parents, un faux moi, rigide, trop cohérent qui sera  DISSOCIE, à la fois, de la conscience corporelle et de ses  sentiments réels.

Ce faux moi sera associé à une carapace corporelle qui lui permettra de ne pas trop souffrir

A l’âge adulte il fonctionnera selon deux modèles possibles : soit une sensation de vide existentiel soit un besoin exagéré d’en faire trop car il n’aura l’impression d’exister que dans le regard des autres. Il gardera  inconsciemment la nostalgie d’une relation idéale qu’il n’a pas eue avec ses parents tout en vivant derrière une carapace inconsciente ( bien décrite par W. Reich) qui le protègera mais en même temps l’isolera, l’empêchera de recevoir la chaleur de l’amitié et de l’amour.        

 

 

La thérapie en hypnose est  si efficace car en favorisant l’Etre plus que le savoir, à travers le VECU d’une conscience corporelle et d’une relation aux autres et au monde qui ne passe pas seulement par un moi pensant, elle recrée cette relation qui nous a parfois tellement manqué enfants et, ainsi  nous cicatrisant profondément nous permet de ne plus avoir besoin de nos cuirasses corporelles.

 

La confiance en SOI n’apparaît qu’à ce moment, quand on lâche prise, qu’on abandonne le besoin de contrôler  (le contraire de ce que l’on nous a toujours appris).

 

L’hypnose a donc  fondamentalement à voir avec remplacer notre besoin d’avoir une image de nous-mêmes, par l’ expérience vécue, qu’en lâchant prise, un sentiment de soi stable et authentique apparaît dans ce non-contrôle.

 

Cela explique aussi pourquoi les thérapies sont parfois si courtes en hypnose ericksonienne : si le soi est assez sain, il faut souvent peu de temps en thérapie pour que nous nous réarticulions (pas nécessaire de remonter à l’enfance) et cela quelle que soit la gravité apparente du symptôme.

 

Comme nous voyons le monde avec ce moi plus ou moins faux, cela implique que chacun de nous voit un monde différent qui sera toujours un monde restreint, des relations où nous répétons en partie des attachements  infantiles.

 

 

 

« Moi je » est donc une texture rapiécée provenant de trous dans nos expériences émotionnelles AVEC  un corps en miroir où des zones entières ne sont pas habitées par la conscience, sont contractées), la conscience habituelle est donc une conscience restreinte, elle n’est pas l’entièreté de nous.

 

Ces zones corporelles  sont  absentes à moi-je, non reliées entre elles, dissociées, ET, (et c’est là l’autre découverte de l’hypnose), accessibles seulement dans un autre état de conscience : quand elles redeviennent conscientes, les sentiments, les émotions enfouis réapparaissent progressivement, se réarticulent à ce corps neuf. 

 

 

L’état de conscience hypnotique va aussi re-créer en nous un monde potentiel  (la conscience hypnotique  n’est pas vide, mais il n’y a pas de pensée, c’est une conscience de potentialités un peu comme celle d’un enfant).

Il apparaîtra aussi dans cet état une relation inconsciente au thérapeute qui est pour nous cette présence invisible à toute relation (toute relation est une inter-relation), au-delà de l’identité sociale (la « persona » de Jung), du moi-je (le moi d’une part nous permet d’être en relation mais d’autre part nous isole, s’il prend trop de place).

 

La relation hypnotique crée directement cette sensation d’être reliés au monde différemment ET en même temps nous met en présence d’une partie de nous  silencieuse dans le corps :  nous sommes là, présents, sans plus devoir faire d’efforts pour nous sentir exister (tous les patients disent que leur vécu est très différent dans la relation en hypnose en consultation par rapport à l’autohypnose qu’ils font seuls).

 

Cette expérience n’est généralement pas consciente en hypnose, on a un vague sentiment que quelque chose a changé, nous sommes souvent bouleversés mais nous n’avons pas de mots pour l’expliquer.

 

 

La relation en hypnose clinique à la fois avec soi-corps et avec un thérapeute  véritablement humain recrée, dans notre expérience, un lien proche du lien qui nous a à tous plus ou moins  manqué :   celui avec une mère bonne et suffisamment présente dans la relation. .

Se reconstituent alors, grâce à ce lien,  à la fois, un soi ET un moi, sains, en RELATION l’un avec l’autre, s’équilibrant l’un l’autre, nous pouvons devenir pour nous-mêmes une bonne mère, renoncer à  la rechercher à l’extérieur, ne plus être dépendants.

 

L’hypnose n’est donc pas pour nous seulement une « auto hypnose »  qui aboutirait alors à la clôture d’un idéal individualiste, idéal qui serait Narcisse (rejoignant alors inconsciemment Freud), mais bien vivre  l’expérience qu’on n’est vraiment en sécurité que quand nous réalisons que nous existons tous en interdépendance, pas dans un moi isolé.

 

 

                                                                 

Bibliographie :

ALICE MILLER, L’avenir  du drame de l’enfant doué (Puf)

GERDA BOYENSEN, Entre psyché et soma (Payot)

FRANÇOIS ROUSTANG, Qu’est- ce que l’hypnose ? (Ed. de Minuit)

JAY HALEY, Un thérapeute hors du commun : M.H.Erickson (Epi)

DR IKEMI ET D. DESHIMARU, Zen et self Control (Albin Michel )

MARK EPSTEIN, Pensées sans penseur (Calmann-Lévy)

BATESON : Premier état d’un héritage (Seuil)

ALEXANDER LOWEN,  La dépression nerveuse et le corps (Tchou)

GEORG GRODDECK (revue l’Arc n°78)

K.G.DÜRCKHEIM, Exercices initiatiques dans la psychothérapie (Le courrier du livre)

MIKKEL BORCH-JACOBSEN, Le lien affectif (Aubier)

LEON CHERTOK L.BORCH –JACOBSEN, Hypnose et psychanalyse (Dunod)

LEON CHERTOK, L’énigme de la relation au cœur de la médecine (Coll. Les empêcheurs de penser en rond).

D.W.WINNICOTT, Jeu et réalité (Folio essais)

D.W.WINNICOTT, Processus de maturation chez l’enfant (Payot)

PAUL WATZLAWICK, Le langage du changement (Points)

PAUL WATZLAWICK, L’invention de la réalité (Seuil)

C.G . JUNG, Dialectique du moi et de l’inconscient (Folio essais)

W.GROSCH ET D.OLSEN, Souffrir à force d’aider (Satas).

 

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